Isabel Allende

Exil et nationalisme

Isabel Allende nait à Lima où son père, Tomás Allende Pesse, travaille à l’ambassade chilienne. Elle passe les premières années de sa vie au Pérou jusqu’au divorce de ses parents qui signe son retour au Chili avec sa mère et ses deux sœurs cadettes où elle vit de 1946 à 1953. Elle déménage ensuite en Bolivie, puis au Liban, avant de revenir au Chili en 1959 où elle se marie et donne naissance à deux enfants avec son désormais ex-époux Miguel Frías.

Allende travaille plusieurs années comme journaliste pour différents journaux et magazines, tant lors de son séjour au Chili qu’après ; un travail formateur important qui lui inculque la rigueur d’une méthodologie de recherche que l’on retrouve dans ses romans tels que La Maison aux esprits. À la même époque, elle commence à s’essayer aux contes pour enfants et à la dramaturgie. En 1975, elle et sa famille sont contraints de quitter un Chili en crise en raison de sa proximité familiale et politique avec le défunt président Allende. Elle vit durant 13 ans au Venezuela, pays où elle aurait commencé l’écriture de son premier roman.

L’exil est un thème subtil de La Maison aux esprits, car s’il revient en de rares occasions, le ton général du roman est celui du souvenir, celui de quelqu’un qui, de loin, semble être capable de suivre l’évolution historique d’un pays avec une clarté qui parait forcée. Le roman constitue en fait une sorte de mémoire qu’Allende dédie à sa fille. Il s’agit d’un témoignage des avancées historiques du Chili et des autres pays d’Amérique latine. La Maison aux esprits deviendra d’ailleurs l’une de ses œuvres emblématiques aux côtés de Paula (1994) et sa trilogie de romans jeunesse : La Cité des dieux sauvages (2002), Le Royaume du dragon d’or (2003) et La Forêt des pygmées (2004).

Célébrité

Isabel Allende est considérée comme l’auteure vivante ayant vendu le plus de livres en langue espagnole avec près de 65 millions d’exemplaires traduits dans 35 langues. Elle est de nationalité chilienne et son père, Tomás, est le cousin germain du président Salvador Allende, assassiné durant le coup d’État perpétré par les forces armées et la police chiliennes le mardi 11 septembre 1973.

La Maison aux esprits

Littérature « sérieuse » ou commerciale ?

L’une des premières caractéristiques de La Maison aux esprits est la dualité qu’a connue Isabel Allende tout au long de sa carrière entre, d’un côté, l’engouement général du public qui se traduit par ses millions d’exemplaires vendus, et de l’autre, le dédain mêlé de rejet de la part des critiques littéraires et des auteurs reconnus de sa génération. Allende s’est vue qualifiée d’auteure de second rang par plusieurs grandes figures du milieu tel que son compatriote Roberto Bolaño. Elle est parfois comparée à d’autres écrivains, ses œuvres étant qualifiées de vulgaires copies moins talentueuses des écrits de Gabriel García Márquez.

La Maison aux esprits raconte l’histoire de quatre générations de la famille Trueba-del Valle, née de l’union entre Esteban Trueba et Clara del Valle, tous deux issus de l’aristocratie de leur pays. La saga familiale sert de prétexte à l’auteure pour narrer l’histoire du pays et aborder les thèmes universels que sont la famille, le choc générationnel, les valeurs, l’amour et le féminisme.

Même si la qualité de la narration d’Allende a pu être jugée médiocre par ses pairs latinoaméricains, les romans tels que La Maison aux esprits trouvent leur valeur dans le témoignage qu’ils offrent du contraste entre un Chili et une Amérique latine qui surenchérissent de progrès et d’ouverture politique et une droite cruelle et implacable qui met tout en œuvre pour empêcher cela.

Adaptations

La Maison aux esprits